Introduction
Pour lire une version plus courte de cet article, clique ici
La protection de l’environnement est devenue un enjeu majeur pour Rotary International, qui a intégré en 2020 la préservation de la planète parmi ses axes stratégiques. Dans ce contexte, le Rotary a vu émerger l’ESRAG (Environmental Sustainability Rotary Action Group), un groupe d’action rotarien dédié à la durabilité environnementale.
Fondé par des Rotariens visionnaires et officiellement reconnu par Rotary International en 2015, l’ESRAG mobilise la « famille du Rotary » autour d’une mission commune : unir les personnes et passer à l’action pour protéger l’environnement. Cet article présente en détail les objectifs, le fonctionnement et les actions de l’ESRAG, ainsi qu’un focus sur son impact en France – où Rotariens et clubs se mobilisent activement, aux côtés d’autres acteurs, pour promouvoir la durabilité environnementale.
Objectifs et missions de l’ESRAG
L’ESRAG s’est donné pour mission principale d’inspirer et d’accompagner les Rotariens dans la mise en œuvre de projets environnementaux durables. Concrètement, ce réseau mondial aide les clubs et districts Rotary à sensibiliser le public, à passer à l’action et à planifier des actions en faveur de l’écologie. Il s’attaque aux grands défis actuels – changement climatique, érosion de la biodiversité, pollutions – que l’ONU qualifie de « triple crise planétaire ».
Pour y répondre, l’ESRAG met à disposition son expertise, des ressources pédagogiques et les bonnes pratiques, tout en facilitant le dialogue entre les membres. Sa vision est celle d’« un monde où les gens s’unissent et agissent pour protéger l’environnement et assurer un avenir durable ». Cette ambition s’aligne pleinement sur les valeurs du Rotary et vient renforcer l’objectif du Rotary de servir l’humanité tout en préservant la planète.
Fonctionnement et organisation
En tant que Rotary Action Group officiel, l’ESRAG fonctionne comme un réseau de bénévoles passionnés au sein du Rotary. Il rassemble plus de 1 800 membres issus de plus de 100 pays – Rotariens, Rotaractiens, conjoints ou alumni – unis par la volonté d’agir pour l’environnement.
L’ESRAG est régi par un comité directeur international et s’appuie sur des chapitres régionaux sur chaque continent pour être au plus près du terrain. Par exemple, la section ESRAG Europe couvre la France et les pays voisins et organise des rencontres mensuelles pour partager idées et retours d’expérience. Les membres peuvent également rejoindre des groupes de travail thématiques (Task Forces) axés sur des enjeux précis (climat, biodiversité, économie circulaire, etc.) ou créer des comités environnementaux au sein de leur club/district.
L’ESRAG opère dans le respect des règles de Rotary International tout en jouissant d’une certaine autonomie (il n’est pas financé ni dirigé directement par le RI). Ce mode de fonctionnement souple lui permet de catalyser l’énergie et l’expertise des Rotariens autour de projets écologiques concrets, en complément des programmes officiels de la Fondation Rotary.
Actions et impact au niveau international
Depuis sa création, l’ESRAG a initié ou soutenu de nombreuses actions d’envergure mondiale pour promouvoir la durabilité environnementale.Il a notamment encouragé et suivi la plantation d’arbres à l’échelle planétaire, permettant au Rotary de largement dépasser le défi initial d’un million d’arbres plantés : 4,3 millions d’arbres ont finalement été mis en terre grâce à la mobilisation des Rotary clubs, contribuant à restaurer des écosystèmes.
L’ESRAG développe et diffuse également des outils pratiques, par exemple des guides pour des projets verts et un calculateur d’empreinte carbone pour aider les clubs à réduire leurs émissions. Il accompagne les clubs dans le montage de projets financés par des Global Grants de la Fondation Rotary dédiés à l’environnement, afin de maximiser l’impact de leurs actions.
Sur la scène internationale, l’ESRAG représente la voix du Rotary lors des grands rendez-vous climatiques : ses membres ont participé aux conférences de l’ONU sur le climat (COP) pour plaider en faveur d’actions environnementales ambitieuses. L’ESRAG collabore par ailleurs avec des organisations expertes, telles que le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), afin d’élaborer des solutions conjointes.

Par exemple, il a travaillé avec l’ONU Environnement à la création d’un manuel de projets écologiques à destination des Rotary clubs. De plus, pour stimuler l’innovation, l’ESRAG met en lumière les initiatives exemplaires via des webinaires, sa newsletter et même des prix récompensant des projets environnementaux impactants (financés par des dotations aux clubs et Rotaract clubs lauréats).
L’impact de l’ESRAG se mesure également à son rôle moteur dans l’évolution du Rotary : ses plaidoyers ont contribué à faire de la protection de l’environnement une priorité officielle du Rotary en 2020. En sensibilisant sans relâche les Rotariens aux enjeux écologiques et en démontrant la faisabilité de projets verts, l’ESRAG a profondément ancré la durabilité au cœur de l’action rotarienne.
L’ESRAG en France : initiatives et projets phares
En France, l’élan impulsé par l’ESRAG et la nouvelle priorité environnementale du Rotary s’est traduit par plusieurs initiatives d’ampleur réunissant de nombreux clubs. La plus emblématique est sans doute l’opération « Des rosiers pour une ruche » menée durant l’année rotarienne 2021-2022. Tous les gouverneurs des 18 districts de France se sont unis pour lancer ce projet national de protection des abeilles. L’action avait pour objectif de sensibiliser le grand public au déclin alarmant des pollinisateurs et à ses conséquences néfastes sur nos écosystèmes.
Concrètement, environ 1 000 Rotary clubs ont participé en vendant des rosiers au sein de leurs communautés (particuliers, collectivités, entreprises). Au total, 50 000 rosiers ont été écoulés, générant une collecte de fonds de près de 450 000 euros, intégralement réinvestis dans des équipements en faveur des abeilles. Chaque club a pu financer localement l’installation de ruches fabriquées en France (2 000 ruches au total), de 3 000 hôtels à insectes, ainsi que l’achat de graines mellifères pour fleurir des terrains et de pièges contre le frelon asiatique, prédateur redoutable des ruchers.
Des Rotariens en tenue d’apiculteur posent avec des ruches marquées du logo Rotary, symbolisant l’engagement du Rotary en France pour la protection des abeilles. L’opération, parrainée par la navigatrice Maud Fontenoy (connue pour son engagement écologique) et menée en partenariat avec le principal rosiériste français, s’est déroulée de la Journée de l’environnement (21 novembre 2021) jusqu’à la Journée mondiale des abeilles (20 mai 2022). Son succès a été retentissant : non seulement cette initiative a fourni un soutien concret à la filière apicole, mais elle a aussi eu un large écho médiatique, valorisant l’image d’un Rotary engagé pour la planète (plusieurs centaines d’articles de presse locale et même un reportage dans Le Figaro y ont été consacrés).
© RotaryMag
Surtout, elle a fédéré les Rotariens autour d’une cause commune. « Seuls dans notre district nous ne pouvons pas faire grand-chose. Ensemble, nous avons accompli quelque chose de formidable ! » a résumé Pierre Hageman, un des gouverneurs à l’origine du projet, soulignant la force du collectif. De nombreux bénéficiaires ont exprimé leur reconnaissance : « Les Rotariens sont venus me voir sur le marché. Je ne savais pas quoi dire, c’est une démarche extraordinaire », témoigne ainsi Pascal Denis, un apiculteur du Pas-de-Calais qui a pu reconstruire son exploitation après le vol de ses ruches grâce à l’aide du Rotary. Au-delà des chiffres, Des rosiers pour une ruche a démontré la capacité du Rotary à agir à grande échelle pour la biodiversité, tout en créant des liens avec les écoles (ruchers pédagogiques), les communes et les associations d’apiculteurs locales.
Suite à cette première réussite nationale, l’année rotarienne suivante (2022-2023) a vu les Rotary clubs de France se mobiliser sur le thème de la protection des forêts, dans un contexte marqué par la multiplication des incendies estivaux. La promotion 2022-2023 des gouverneurs a lancé un appel commun invitant les clubs à agir pour préserver les forêts, en particulier via des actions de prévention des feux de forêts.
Cet appel, résonnant avec le nouvel axe environnemental du Rotary, a été suivi d’effets : partout en France, les Rotariens ont monté des projets allant de campagnes de sensibilisation du public (sur les gestes de prévention, l’importance des forêts pour le climat) à des initiatives pour soutenir les pompiers et forestiers en première ligne. Par exemple, en Gironde, après les méga-feux de 2022, le Rotary club de Mérignac a organisé un événement caritatif insolite (un championnat de lancer d’avions en papier !) ayant réuni des centaines de participants, afin de récolter des fonds pour l’association DFCI (Défense des forêts contre l’incendie). D’autres clubs ont financé du matériel pour les brigades forestières, ou participé à la reforestation de zones sinistrées. Cette coordination nationale autour des forêts a une nouvelle fois illustré la force du réseau rotarien lorsqu’il s’agit de répondre à un enjeu environnemental urgent.
Des projets concrets portés par les clubs français
Au-delà des grandes campagnes nationales, l’ESRAG encourage et valorise une multitude de projets locaux initiés par les Rotary clubs français pour promouvoir la durabilité. Ces actions de terrain, souvent réalisées en partenariat avec des associations ou les collectivités, couvrent un vaste éventail de thématiques environnementales : protection de la faune et de la flore, gestion des déchets, énergies renouvelables, etc.

© La Depeche
Dans le sillage de l’opération sur les abeilles, plusieurs clubs ont poursuivi la lutte contre le déclin des pollinisateurs. Par exemple, le Rotary club Lectoure-Fleurance (Gers) a mené une campagne de piégeage printanier des frelons asiatiques, afin de détruire les fondatrices avant la formation des nids – une action simple mais efficace pour protéger les abeilles locales.
Dans les Hautes-Pyrénées, trois clubs (Argelès-Gazost, Lannemezan et Lannemezan-Passeport) se sont unis pour aider un rucher-école ayant perdu toutes ses colonies : grâce à une subvention du district, ils ont fourni de nouveaux essaims d’abeilles, permettant à cette école apicole de reconstituer son cheptel et de continuer à former des dizaines d’apiculteurs chaque année.
D’autres clubs se sont attaqués à la préservation des oiseaux : le Rotary club Albi Lapérouse, dans le Tarn, a ainsi fabriqué et installé des nichoirs adaptés le long d’une rivière, en suivant les recommandations de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Ce projet a offert une opportunité de sensibiliser la population à la disparition des sites de nidification naturels et aux gestes simples pour aider les oiseaux (installation de nichoirs, nourrissage en hiver).
En matière de reboisement, plusieurs clubs français ont également lancé des programmes locaux de plantation d’arbres ou de micro-forêts urbaines, impliquant souvent les jeunes et les écoles. Par exemple, le Rotary club de Mâcon a planté une micro-forêt pédagogique avec la participation d’élèves, tandis qu’en Charente-Maritime le club de La Rochelle Aunis a contribué à la création d’une forêt dédiée à la biodiversité (Forêt de l’Homme Sec). Ces initiatives, parfois modestes par leur échelle, n’en ont pas moins un impact concret sur les communautés et constituent autant d’exemples inspirants que l’ESRAG peut relayer à l’international.
La dynamique ESRAG en France se manifeste également par l’émergence de nouveaux modes d’engagement au sein du Rotary. On voit par exemple apparaître des « EcoClubs » ou clubs à thème environnemental : le Rotary Club Hardelot-Plage Environnement (créé dans le Pas-de-Calais) est l’un des premiers clubs français entièrement dédiés aux projets écologiques. Cette innovation répond à l’intérêt croissant des membres (et futurs membres) pour agir spécifiquement en faveur du développement durable.
Par ailleurs, de nombreux clubs traditionnels ont créé en leur sein des commissions ou comités Environnement, en lien avec l’ESRAG, afin d’intégrer systématiquement l’éco-responsabilité dans leurs actions de service. Ces structures permettent de tisser des partenariats locaux solides : avec des ONG environnementales (telles que la LPO, France Nature Environnement, etc.), avec des établissements scolaires et des universités (pour l’éducation à l’environnement), ou encore avec les autorités locales.
L’opération des rosiers en est un bon exemple, ayant impliqué non seulement des apiculteurs mais aussi des mairies et même des Conseils régionaux – comme en Normandie où la Région s’est associée à la plantation de rosiers dans les jardins du Conseil régional à Caen, en présence d’élus et du gouverneur Rotary local. Cette collaboration avec les institutions publiques et le secteur privé (entreprises, pépiniéristes, etc.) démultiplie l’impact des projets rotariens et inscrit leur action dans une démarche collective territoriale.
Conclusion
En quelques années, l’ESRAG s’est imposé comme un acteur clé de la transition écologique au sein du Rotary. Grâce à son réseau international d’experts et de bénévoles motivés, il a su placer l’environnement au cœur des priorités rotariennes et accompagner concrètement les clubs dans la réalisation de projets durables et innovants.
En France, l’ESRAG a inspiré une mobilisation sans précédent des Rotariens pour des causes environnementales – qu’il s’agisse de sauver les abeilles, de prévenir les feux de forêt ou de protéger la biodiversité locale. Ces actions renforcent non seulement l’impact du Rotary sur le terrain, mais aussi la visibilité et la pertinence de l’organisation aux yeux du grand public.
L’engagement environnemental offre en effet au Rotary une occasion unique de rester en phase avec les enjeux contemporains et d’attirer de nouveaux membres sensibles à ces causes. L’avenir de l’ESRAG s’annonce donc prometteur : en France comme dans le monde, ce groupe d’action va continuer à fédérer les volontés, à nouer des partenariats et à innover pour que, partout, les valeurs du Rotary riment avec développement durable. En somme, l’ESRAG permet au Rotary de démultiplier son impact en matière d’environnement, illustrant parfaitement la devise « Servir d’abord » appliquée à la sauvegarde de notre planète, pour les générations présentes et futures.
Clique ici pour en savoir plus sur l'ESRAG.
Télécharger le site guide de parrainage
Ce club est actif non seulement grâce aux nombreux membres du Rotary, mais aussi grâce au soutien inlassable des Financiere de la Seine.
XPFR.fr (